Quand on me demande comment je vois le Nicaragua, je réponds que c’est un pays où tranquillité et turbulences cohabitent. Nicaragua avril 2008 071 Le temps paraît suspendu quand on approche des familles  et  qu’on entre dans leur intimité ; leur calme pour aborder nos questions, nos demandes, les réalités de la vie ordinaire nous surprend et met à mal nos impatiences.

P1120092

Et pourtant, quand on les rejoint chez eux et que bien assis sur un rocking chair on déguste ensemble un rafraichissement, on repère dans leur propos que cette sérénité apparente dissimule des histoires graves, chargées, comparables à celle de leur petit pays d’Amérique Centrale.

Les nicaraguayens sont le fruit d’une histoire faite de colonisation et de guerre civile aux insurrections sanglantes. Les villes de Léon et Granada, fondées toutes deux par le royaume espagnol en 1524 (le Nicaragua obtint son indépendance en 1821 et devint une république en 1838), renvoient encore aujourd’hui parmi d’autres cités  cette actualité douloureuse mais si séduisante dans ses quartiers « chics ». On peut séjourner en effet dans des hôtels somptueux ayant appartenu aux propriétaires fonciers et politiques de cette période coloniale.

Nicaragua 2 avril 2008 312

On peut visiter la cathédrale de Leon avec joie et s’émerveiller de la richesse de ce monument religieux qui est  le plus vaste d’Amérique Centrale admirant ses belles fresques et … la tombe du grand poète national Ruben DARIO (1867-1916).

Oui, on peut s’attarder sur la magnificence de ces édifices, mais on peut aussi y lire durant la période coloniale l’asservissement du peuple et sa dépendance à un royaume pompant la liberté de ses habitants et ses richesses.

Et si on continue de dérouler les fils de l’histoire nicaraguayenne, l’un relie très fortement aussi  aux Etats-Unis. Vous renvoyant à une étude approfondie de ce désamour unissant les 2 pays (mais si, dans votre sac de plage entre les tongs et la crème solaire vous mettrez des documents à lire sur cette histoire passionnante), retenez que les Etats-Unis exercèrent leur joug de 1909 à 1933 et que face à cet impérialisme, des figures révolutionnaires s’insurgèrent et luttèrent pour renvoyer l’imposteur dans ses pénates. Augusto Cesar SANDINO est parmi eux le héros central et est encore célébré ici et là dans tout le pays notamment par sa silhouette haute de plusieurs mètres qui surplombent la capitale Managua.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Mais l’histoire comme vous le savez n’est pas un long fleuve tranquille et jusqu’à aujourd’hui se sont succédés des gouvernants aux allures diverses. Dictateurs, conservateurs, libéraux  et héritiers de SANDINO (les membres du Front Sandiniste de Libération Nationale FSLN) ont écrit ou écrivent les pages de cette histoire nationale. La Révolution débutée en 1978 et poursuivie dans les années 80 par le front sandiniste a profondément marqué le pays et pendant des années a divisé les nicaraguayens eux-mêmes et déclenché une fois de plus l’ingérence américaine par le soutien financier apporté aux « contras », les opposants aux sandinistes pour juguler, exterminer le mouvement révolutionnaire sandiniste, mouvement lui-même qui connut aussi des turbulences internes. Beaucoup de familles en conservent aujourd’hui  les stigmates :  des parents, des maris, des épouses, des sœurs, de frères morts pour avoir participé à la Révolution (les photos dans les maisons rappellent encore et toujours le souvenir de ces défunts), les peintures murales notamment celles recouvrant des murs de Leon redonnent elles aussi vie par l’art d’ artistes reconnus ou anonymes à ces temps traversés par le peuple qui a nourri et nourrit toujours l’aspiration  à recouvrir sa souveraineté et posséder ce qui lui appartient de droit, sa terre…..et sa légitimité entre autre à bien vivre de son travail avec les siens, ceux de sa famille et de sa communauté (le commerce équitable reconnait cette demande comme légitime et la soutient , vous le savez désormais !)

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Actuellement, après des changements successifs de gouvernance, Daniel ORTEGA, l’un des chefs historiques du FSLN  se maintient au pouvoir avec la bénédiction du peuple qui lui a encore récemment renouvelé son soutien lors de l’élection présidentielle.

Mais s’il a mis en œuvre un plan de développement d’inspiration sociale aux avancées flagrantes,

d’autres mesures s’apparentant à des pratiques libérales laissent au mieux perplexe, au pire suscite une opposition véhémente……Voilà dépeinte à gros traits l’histoire de ce petit pays (il ne s’agit là que d’une mise en bouche !) retranscrivant notamment la puissance révolutionnaire encore lisible au Nicaragua et……..prochainement, si vous le voulez bien, je vous propose de marcher avec moi sur des terres volcaniques qui parsèment le pays : autre puissance de feu à l’œuvre !

Alors, hasta pronto !

Publicités