J’ai beaucoup réfléchi depuis notre dernier rendez-vous …d’où ce long temps écoulé.

Pour être saisis par l’ambiance particulière du Nicaragua, il faut faire un détour par l’histoire. Pas par un cours magistral (je ne saurai pas faire)  mais plutôt  par la façon dont j’ai été moi-même prise aux entrailles par la rencontre avec l’un ou l’autre habitant ou par des éléments picturaux , iconographiques, architecturaux et autres qui témoignent d’un temps passé ou présent, sachant comme vous, que le passé a façonné (et façonne encore ?) le présent.

Alors, j’y vais. Je vous propose aujourd’hui de remonter le temps jusqu’à l’époque précolombienne.

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Il est rapporté que les premiers migrants arrivés sur ces terres sont divers peuples autochtones du Mexique. A leur suite, se sont implantées des tribus indigènes venant de Colombie, du Salvador et du Honduras. Pour compléter cette mosaïque humaine, il faut y ajouter la présence déjà inscrite, avant l’implantation de ces nouveaux arrivés, de tribus indigènes, à savoir les Miskitos et les Mayagnas (toujours présents dans le Nord Est du pays).

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Pour vous rafraichir la mémoire, je vous resitue dans le temps ce qu’est la période précolombienne, enfin laissons parler plutôt  Mr Larousse : Il s’agit de la période de l’histoire de l’Amérique qui débute avec l’apparition de l’homme dans le Nouveau Monde et se termine lorsque les sociétés amérindiennes sont remplacées ou transformées par la civilisation européenne (Synonyme : préhispanique). Je vous le dis tout de go : nous ferons des grands pas dans l’histoire pour ne retenir que les jalons qui ont structuré jusqu’à encore aujourd’hui la photographie de ce pays et de ses habitants.

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L’arrêt sur cette période précolombienne est l’un d’entre eux car lors de nos pérégrinations, nous avons dans le paysage certes mais dans les rencontres avec certains de ses habitants reçu la présence tenace de ces commencements.

Ainsi, quand l’on pose le pied sur l’Ile d’Ometepe qui est l’île principale du Lago du Nicaragua (le plus grand lac d’Amérique centrale), on est pénétrés de la persistance de ces temps antérieurs.

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Ici, nous dit-on, bat le cœur originel du pays et moi, j’y crois.

A partir de notre lieu d’hébergement situé près de la plage et la laguna de Charco Verde  (un petit paradis !), nous avons sillonné les routes et avons reçu de plein fouet cette histoire.

Des vestiges (pas encore à ce jour mis en valeur, mais le faut-il ?) jalonnent les chemins.

Le musée précolombien de la bourgade d’Altagracia , grâce à l’énergie de son fondateur aujourd’hui fort âgé, recèle des pépites archéologiques et redonne par des panneaux et étagères un peu poussiéreux les pages de cette histoire passionnante. Salvatore, notre guide, a même reçu des mains  de ce vieil  homme l’ouvrage d’histoire que celui-ci  a consacré à cette période . Il se fait un devoir de transmettre son savoir glané au fil des ans et des découvertes, il l’enseigne même aux jeunes générations..

La connaissance de l’époque précolombienne nous parvient aussi par la « carrure » humaine de ceux et celles qui ont hérité de ce patrimoine. Je pense à Raffael et Alvison. Raffael que nous retrouverons plus tard en d’autres temps mais qui par la façon dont il régit sa vie, la façon dont il élève sa grande famille, transmet des exigences et des rites issus de sa famille des miskitos.

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Même éloigné de ce territoire du nord est du pays où en région autonome vivent les miskitos (La Region Autonoma del Atlantico Norte RAAN), Raffael dans la capitale, Managua,  irrigue sa vie  et celles de ses proches de préceptes et agirs issus de cette longue tradition. De même Alvison, retrouvé 8 ans après notre 1er séjour au Nicaragua, nous a dit conservé la mémoire de ses anciens aïeux et la rapporter à sa fille ; sa culture miskitos imprègne sa vie.

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Tous 2 revendiquent ces gênes dont ils ne veulent pas se désapproprier même si par ailleurs ils baignent dans les séductions de la vie moderne. Mais affirment-ils, ces séductions ne doivent pas balayer les règles d’une vie commune, où le souci de l’autre doit demeurer en permanence ainsi que la nécessité de prendre soin de cette terre mère qui enfanta et nourrit ses enfants. Préserver cette culture (et les miskitos eux-mêmes y travaillent par le biais de divers organismes) est donc un objectif crucial pour contrecarrer notamment la montée en puissance d’autres cultures sud et nord américaines. Voilà des accents auxquels Didier, Christine et moi nous sommes sensibles comme  acteurs du Commerce Equitable ; vous vous en doutez bien.

Alors Hasto Pronto……………

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