Nous voilà de nouveau dans les hauteurs nicaraguayennes, au beau milieu de la plantation de caféiers, branchés sur Irvin qui nous déverse là des réalités que nous ne connaissions jusque là que par la lecture de livres ou le visionnage de documentaires !

plantations

Comment décrire cet environnement ? Grâce à  l’œil exercé de notre guide, nous sommes rendus attentifs  à voir d’abord un site diversifié en essences arboricoles et non, par ce qui aurait pu être la volonté de l’homme, un lieu où auraient été déposés des plants de cafés en rangs d’oignons. Nous repérons notamment parmi ces essences un arbuste répandu dans ces régions tropicales, l’achiote. Son fruit rouge, apprenons-nous, contient des graines qui sont riches en antioxydants.

bogue

Les autres arbres assurent de l’ombre aux caféiers pour pallier à la générosité naturelle du soleil « nicaraguayen » qui rayonnant  ardemment sur les caféiers les altèrerait.

Chemin faisant, déambulant sur ces pentes naturelles, nous découvrons aussi une faune qui nous laisse pantois : des chenilles énormes qui se pavanent sur l’écorce d’un arbre (là, nous ne résistons pas à l’envie de vous redonner l’humour de Marcel  : je vous laisse imaginer le papillon que ça va donner ! ». Point de papillon il y aura, puisque chenilles elles resteront, nous rassure Irvin.

chenilles

De même,  au pied de l’arbre hospitalier, des fourmis ont squatté une parcelle pour y établir leur habitation aux dimensions tentaculaires et que nous prenons soin de ne pas piétiner : peur ou geste écolo, à voir !

fourmiliere

Toujours en éveil, nous pointons les doigts en direction de hautes branches où pend sur l’une d’entre elles, un énorme nid d’abeilles et non de fourmis volantes comme le suggérait Lydia qui depuis a changé de lunettes.

fourmis

Irvin nous invite à passer rapidement notre chemin au cas où celles-ci voudraient goûter des chairs aux saveurs européennes attrayantes car nouvelles (ça, c’est l’auteure qui le rajoute). Bref, nous sommes réellement plantés au cœur d’un environnement sain, vivant, où les interventions humaines  sont au service d’une croissance arbustive propre, organique, sans déversement de produits phytosanitaires polluant végétaux et …humains. Par la suite, nous recueillerons à ce sujet, par la bouche des producteurs eux-mêmes, que lors du dépulpage du café, la pulpe est ramassée, offerte aux becs de volailles qui s’en régalent, est retrouvée dans les déjections des volatiles  et au final déjections et pulpe restante se verront  mélangés et constitueront un engrais organique déversé sur les terres des plantations (voilà qui plairait bien au philosophe-paysan Pierre Rabhi qui prône les bienfaits de l’agro-écologie notamment).

Là, les producteurs, arpentant régulièrement leurs terres, élaguent leurs arbustes, taillent les branches pour assurer une production féconde et généreuse qui prendra corps en s’épanouissant durant 6 à 8 mois offrant à ce terme, aux mains des cueilleurs expérimentés, leur belles teintes rouges et non plus vertes ou jaunes. Des allers et venues se succèderont pour prélever et déposer dans les corbeilles en osier les cerises arrivées à maturation en moins de 36 heures.

cafeier

Les producteurs repèrent également les agressions tuméfiant les arbustes, ou les mettant en péril. L’une d’entre elles nous a été rapportée par Irvin. Il existe en effet notamment certains parasites du café qui creusent des galeries à l’intérieur des grains lovés dans la cerise ; par conséquent, lors de la fermentation et du lavage de ces grains, l’eau pénètre à l’intérieur, y causant des réactions chimiques qui rendent impropres à la consommation le grain de café parasité.  Ce n’est que lors du tri manuel des grains de café effectué après leur séchage que ces grains avariés seront éliminés, sinon ils génèreraient à l’ensemble de la production un mauvais goût.

parasite

Pour être précis, une partie d’ailleurs de ces grains percés de galeries par le méchant insecte est déjà éliminée du fait que les grains incriminés, troués, sont plus légers lors du lavage se faisant sur des tables densimétriques et ainsi repérables pendant ce temps de flottaison : toutefois, le tri à la main s’ajoute toujours à cette action mécanique et reste incontournable.

Bon, les infos étant déjà denses, nous vous proposons de nous retrouver plus tard………pour reprendre l’une après l’autre les différentes étapes du processus de transformation du café. Alors ………Hasta Pronto.

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